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Mon Parcours Scout – Frédérick Bureau
2 juillet 2019

Mon Parcours Scout – Frédérick Bureau

Nous célébrons cette année le 100e anniversaire du Badge de bois. Apparu lors de la première formation d’animateurs à Gilwell Park en septembre 1919, le Badge de bois est rapidement devenu un important symbole d’engagement et de leadership pour les Scouts du monde entier. Afin de marquer cet anniversaire, nous avons demandé à des bénévoles scouts ce que leurs bûchettes représentent.

Frédérick Bureau, animateur au 64St-Amable, District de la Montérégie, nous raconte son parcours scout, de sa promesse jusqu’à l’obtention de son Badge de bois.

« J’ai fait ma promesse louveteau en 1989. J’étais pressé de grandir, de progresser. J’ai obtenu mon Loup Gris avant de monter chez les Éclaireurs, puis de démarrer un Poste Pionnier et un Carrefour Aîné. À travers ces dix années comme jeune dans le mouvement, la progression était pour moi un moteur de développement personnel et une forte motivation.

J’ai eu la chance d’être accompagné, tout au long de mon parcours, par des animateurs chevronnés, impliqués et passionnés qui m’ont servi de modèles positifs.

Parallèlement, j’ai commencé à m’impliquer comme bénévole à l’animation. Ce sont ces mêmes animateurs qui m’ont accueilli au sein de leur équipe pour me transmettre leur expertise. Ils ont mis des années à former et préparer une relève motivée qui avait le scoutisme tatoué sur le cœur. Après de longues années de services, ils ont pris leur retraite l’esprit tranquille sachant qu’une nouvelle génération veillait au grain.

Avec leur départ vint un changement de garde au sein du conseil de gestion local. Comme il arrive trop souvent, j’ai été témoins, à regret, de la formation de cliques au sein du groupe. Sont apparues des guerres de pouvoir et des jeux de coulisses alimentés par l’ambition et le ressentiment personnel. C’était «nous» contre «vous», les «vieux» contre les «jeunes» : une lutte inéquitable totalement incompatible avec le scoutisme. J’ai été contraint d’interrompre mon implication.

Cette situation me semblait (et me semble toujours) d’une intense hypocrisie. Le jeune adulte que j’étais a alors perdu confiance en ces décorations superficielles. J’en ai conclu que «l’habit ne fait pas le moine», et qu’il n’y a nul besoin d’être anobli pour se comporter de manière noble. On dit aussi «scout un jour, scout toujours». C’était vrai pour moi. Même isolé du scoutisme actif, j’ai continué à humblement aspirer à l’idéal scout, parce que ce sont mes valeurs, parce que j’y crois.

Par la suite, pendant une dizaine d’année, j’ai été comme Mowgli, un petit Loup au pays des hommes. J’ai affronté la vie avec son lot de défi, j’ai fondé une famille et j’ai dû apprendre à combattre la maladie et la douleur. Puis, un jour, comme Mowgli, j’ai à nouveau entendu l’appel de la jungle. J’ai trouvé une meute prête à m’accueillir tel que j’étais.

Mon combat constant contre la douleur me coûte cher et ne me permet plus, depuis de nombreuses années, d’être aussi actif que l’animation d’une meute l’exige. Le partage remplaçait peu à peu la participation.

Après un long processus, j’ai commencé à reprendre confiance. J’ai compris que même en portant un foulard scout, un humain demeure un humain, avec ses forces et ces faiblesses. Personne n’est à l’abri de l‘erreur, aussi grave en soit les conséquences. J’ai admis que j’avais été blessé par des humains, et non par le scoutisme. J’ai pris conscience que c’est par l’action et l’exemple que l’on peut arriver à changer les choses. C’était ça, l’idéal de Baden Powell.

Ma condition médicale m’a offert le temps. L’idéal scout m’a offert la motivation, et des personnes formidables, elles aussi avec une croix scoute tatouée sur le cœur, m’ont permis d’entreprendre et de compléter, à ma manière, mon parcours de formation en tant qu’adulte.

Le 22 février 2019, trente ans exactement après ma rencontre avec le scoutisme, j’ai reçu des mains de celle qui m’avait remis mon premier foulard, celui que je souhaite porter pour le reste de ma vie : un foulard grège avec un nœud de Gilwell et les bûchettes. J’en suis encore ému rien que d’en parler.

Pour moi, mon badge de bois, c’est l’idéal scout qui est plus grand que tous les gens qui le composent. Il représente une part de moi qui m’a été trop longtemps confisquée avec laquelle je me suis réconcilié. Il représente un long parcours sinueux qui m’a conduit jusqu’ici, un parcours rempli d’expériences que j’ai envie de partager. C’est par-dessus tout, une reconnaissance de qui je suis, avec mes forces et mes faiblesses, et mon engagement à aspirer à un monde meilleur à travers l’action et le service. Je serais le même sans mon badge de bois, mais grâce à lui, j’ai à nouveau envie de croire que «scout un jour, scout toujours. »

Frédérick Bureau – Corbeau Fascinant
64St-Amable, District de la Montérégie

 

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