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Entrevue avec l’auteur du Surviethon, André-François Bourbeau : « Il faut toujours se mettre au défi »
20 décembre 2018

Entrevue avec l’auteur du Surviethon, André-François Bourbeau : « Il faut toujours se mettre au défi »

« Alors que je vous parle là, j’ai sur moi trois façons d’allumer un feu. » – André-François Bourbeau est un passionné de survie qui, au fil de sa vie d’universitaire, est devenu LA référence du plein air au Québec. Fondateur du laboratoire d’expertise et de recherche en plein air, cofondateur du baccalauréat et tourisme d’aventure de l’Université de Québec à Chicoutimi, il revient aujourd’hui dans un livre sur une « expérience » vécue il y a 25 ans : le « Surviethon », 31 jours de survie au beau milieu d’une forêt boréale.

Ancien scout qui a notamment participé au Jamboree mondial de Calgary en 1983, André-François n’est aujourd’hui plus engagé dans le mouvement mais ses écrits sont une source d’inspiration et une mine d’or d’informations pour les amoureux de la nature que sont les scouts.

Une belle idée de cadeau ! Pour les intéressés, rdv ici.
(Veuillez noter que la boutique en ligne est présentement fermée. De retour le 11 janvier, dès 13h.)


Pourquoi était-il important pour vous, 25 ans plus tard, de faire un retour critique sur votre « Surviethon » ?

« J’ai estimé que le temps était venu pour moi d’avoir une démarche critique sur le Surviethon car, avec du recul et avec toutes les choses que j’ai apprises au fil des années, je n’aurais pas vécu l’aventure de la même manière. Et c’est tout à fait normal puisqu’à l’époque, je sortais tout juste du doctorat et je n’avais pas l’expérience que j’ai aujourd’hui. Ce qui m’intéressait dans la démarche de revivre l’expérience à travers ce retour, c’est aussi de faire un cours de survie : la seconde moitié du livre est didactique et permet à tous les passionnés de survie d’apprendre des techniques.

C’est d’ailleurs pour cela que votre livre Le Surviethon : 25 ans plus tard rencontre du succès à travers le mouvement scout. « Toujours prêt », la devise scoute, est-elle bien adaptée à la survie en forêt ?

« Absolument ! Lorsqu’on fait de la survie, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Il faut être capable de prévoir l’imprévisible et, pour cela, il faut constamment réfléchir et se préparer à des situations que l’on pourrait rencontrer. C’est une des leçons que j’ai tirée du Surviethon : en forêt, chaque « presque accident » deviendra inévitablement avec le temps si on ne fait rien pour le réparer dès le début. La survie en forêt, ce n’est rien d’autre que de la prévention. Lorsqu’un problème te tombe dessus et que tu n’y es pas préparé, il est déjà trop tard.

Quelles sont les compétences qu’une personne qui veut faire de la survie doit améliorer ?

« Il y a quatre facteurs principaux : le physique, le psychologique, la prise de décisions et la technique. Le premier est facile à améliorer avec de la volonté. Pour le second, je conseille de beaucoup lire. Cela permet d’avoir un cadre de références sur ce qu’il est possible de faire et de ne pas faire en situation de survie. Se dire : « si quelqu’un a déjà survécu à ça, moi aussi je peux le faire » peut s’avérer très utile. Concernant la prise de décisions, il existe des exercices de mise en situation dans lesquels on peut apprendre à faire des priorités et à faire des choix difficiles. Pour la technique, il n’y a pas de secret : du théorique pour apprendre les bases et surtout beaucoup de pratique pour emmagasiner de l’expérience. Un exemple d’exercice à faire : apprendre à s’endormir en forêt. Cela peut paraître simple dit comme ça mais c’est en fait très compliqué. Il faut se mettre dans une situation où l’on est assez relaxé pour pouvoir s’endormir, ce qui implique d’être à l’aise aussi bien physiquement que mentalement. Une fois que l’on a réussi, on peut monter en difficulté : le faire sous la pluie ou sans aucun équipement. Il faut toujours se mettre au défi pour progresser. Personnellement, même avec des années et des années d’expérience, j’apprends encore tous les jours.

La survie, est-ce que c’est quelque chose qui nous sert dans la vie de tous les jours ?

« Je le crois. Cela développe des compétences qui sont très utiles : la débrouillardise, la confiance en soi, l’envie de sortir de sa zone de confort. Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que tout est trop facile. Alors, parfois, se mettre dans une situation inconfortable permet de relativiser et d’apprendre à trouver des solutions. Pour la jeunesse, j’ai le sentiment que c’est primordial. »

 

Bonus : Les conseils lecture d’André-François Bourbeau :

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