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Lettre de Baden-Powell à Gidney

Dans cette lettre adressée à Francis Gidney – organisateur et chef de camp de la formation pilote de Gilwell Park de septembre 1919 – Baden-Powell lui adresse quelques remarques au sujet du programme de formation qu’il a élaboré et lui parle du système de récompense qu’il a imaginé. Voici notre traduction de la lettre en question :

17 octobre 1919

Mon cher Gidney,

Le programme que vous m’avez laissé constitue, je pense, un cours très complet de formation pratique.

Ma critique serait la suivante : il y a trop peu de théorie. J’imagine que vous avez vu les suggestions de Nevill — qui correspondent très bien au cours que j’avais élaboré il y a deux ans environ. À savoir, la division en sujets théoriques et pratiques, ce à quoi nous avons ajouté, et je pense avec sagesse, le troisième test consistant à diriger une troupe pendant un an ou deux. Mais bien que ce cours soit applicable pour un maître scout, je ne vois pas comment cela pourrait l’être pour un commissaire — bien que je les encourage à suivre ce cours. Il faut donc y réfléchir.

Par exemple, j’imagine que la formation théorique pourrait constituer un préalable à la pratique et serait assurée via des cours par correspondance pour les absents et par des conférences la fin de semaine pour ceux qui peuvent se rendre à Gilwell. Les manuels étudiés seraient Aids to Scoutmastership et Scouting for boys.

Cela pourrait constituer le travail d’hiver d’un grand nombre de participants qui viendraient ensuite en groupes pendant l’été afin de recevoir la formation pratique dispensée, soit sur quatre fins de semaine, soit pendant une semaine.

Après avoir réussi les cours théorique et pratique, le candidat aurait le droit de porter une bûchette sur sa boutonnière.

Et après avoir passé les trois tests de manière satisfaisante, une bûchette sur la ficelle de son chapeau et un diplôme.

S’il montre des capacités et des aptitudes pour former les autres à titre de chef de camp, il aurait le droit de porter la double bûchette sur la ficelle de son chapeau. Les écoles et les groupes locaux pourraient alors décerner des bûchettes simples et des diplômes, mais la double bûchette devrait être attribuée, selon moi, uniquement à Gilwell Park.

Les compétences d’un chef de camp ne doivent pas être écrites : elles dépendent en grande partie de son tact, de son leadership et de son esprit scout, qui ne peuvent être jugés que par le chef, les commissaires, etc.

Qu’en dites-vous?

Bien à vous.

Lettre de Baden-Powell à Gidney

Traduction de Gabriel Leroux

Sources

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