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Atelier (S’)Inspirer
12 novembre 2020

Atelier (S’)Inspirer

Un atelier pour et par des jeunes engagé.e.s!

Par Isabelle Dufresne-Lienert

18 jeunes et adultes engagés du mouvement scout se sont rassemblés via la plateforme Zoom pour l’atelier (S’)Inspirer!, l’événement qui lance la cohorte 2020-2021 du programme Les scouts s’impliquent! De l’Association des Scouts du Canada.
Animé par Isabelle Dufresne-Lienert et François Lépine-Cossette, l’atelier avait pour thème :  comment s’engager, même en temps de pandémie. L’introduction a ensuite mené à un panel composé de deux jeunes engagés qui ont complété des projets d’action communautaire. Ils ont parlé de leur expérience et prodigué  leurs conseils pour la nouvelle cohorte. Pour conclure la rencontre, les participants, réunis en petites salles de 5 personnes, ont pu parler de leur projet.

L’objectif était simple: partir un cycle d’inspiration, où on pouvait échanger sur notre projet et nos idées, pour inspirer d’autres personnes, tout en s’inspirant soi-même. 

‘’ Notre groupe ne sait pas encore ce qu’on va faire comme projet et tous les autres ont donné des idées vraiment intéressantes. Je vais les proposer à mon groupe à la prochaine réunion. J’ai trouvé ça inspirant, tout le monde avait des projets intéressants, qui étaient encore plus gros que ce que je pensais! ’’ a partagé une des participantes. 

‘’ J’ai entendu des idées super concrètes. J’ai trouvé ça cool! Moi dans les projets je me lance dans des idées abstraites, et là c’était du concret, et ça fait du bien. ‘’ a partagé un autre des participants dans le retour de l’atelier.

Voici un résumé du panel avec Pierre-Antoine Descôteaux et Sarah Ouagueni : 

Le panel

Pierre-Antoine Descôteaux est étudiant, alumni du programme OceanWise, co-directeur du Réseau Canada Jeunesse et co-fondateur de l’Alliance pour le développement durable de l’Université de Laval.
Sarah Ouagueni, est alumni du programme AGIR de l’organisation l’Apathie c’est plate, graduée en science politique, et chargée de projet à la table de concertation de Laval en condition féminine.

Isabelle: Quelle était votre inspiration qui vous a poussé à créer votre projet? 

Pierre-Antoine: J’ai créé une organisation qui s’appelle l’Alliance en développement durable à l’Université de Laval. Pour moi, c’était important à cause des silos que je voyais dans notre société. Je me rendais compte que les personnes passionnées par des thèmes comme l’environnement ou la justice sociale parlaient juste dans leur groupe et ne communiquaient pas assez entre eux. On a réalisé que les groupes n’avaient pas les outils pour travailler ensemble, alors on a créé une organisation qui facilitait la création de projets entre ces groupes.

Sarah: Le projet que j’ai réalisé était avec l’Apathie c’est plate, un organisme qui travaille à outiller les jeunes à s’engager dans la démocratie et à créer un projet d’action communautaire qui a un impact sur leur communauté, comme le programme Les scouts s’impliquent! Mon enjeu était l’inclusion sociale; un sujet qui m’intéresse énormément. On était 6 ambassadeurs.drices qui, dans un délai de 6 mois, ont co-créé un projet d’événement pour et par les jeunes sur l’inclusion sociale pour des jeunes marginalisés.

Isabelle: En résumé, quelles étaient les actions que vous avez réalisées dans votre projet?

Sarah: Nos étapes: on a commencé par apprendre à nous connaître. On devait déterminer les intérêts et talents de chacun chacune pour qu’on puisse mettre à profit ces talents pour le projet. Ensuite, on devait trouver les jeunes marginalisés qu’on voulait toucher avec notre projet. Finalement, on a été en mesure de réaliser une journée d’ateliers avec des jeunes montréalais. Cette journée a inclus des activités ludiques sur la prise de parole en public, des cafés du monde, etc. L’idée était vraiment de donner une plateforme à ces jeunes pour qu’elles et ils puissent s’exprimer sur des sujets qu’ils n’ont pas d’habitude la chance de s’exprimer. Et on a fini par créer une grande fête pour célébrer leurs succès.

Pierre-Antoine: J’ai commencé par identifier qui était la communauté que je voulais toucher. Ensuite, on l’a réunie, on a demandé: ‘’Qu’est-ce qui fait que vous vous ne connaissez pas? Qu’est-ce qui fait que vous ne communiquez pas ensemble?’’ En d’autres termes, on a établi un dialogue. Ce qui est vraiment important dans un projet comme celui-ci, c’est qu’on peut avoir de superbes idées au niveau individuel, mais cette idée n’implique pas automatiquement tout le monde, sauf si on prend le temps de réellement connecter avec la communauté qu’on veut toucher. On veut vraiment créer un processus collectif pour définir les besoins.
Donc mes étapes étaient:
1) définir la communauté,
2) définir les besoins
avec la communauté,
3) établir un plan d’action
4) le réaliser.
Et tout ça, c’est une boucle continue! Comme votre VCPREF, on le fait en cycle d’action et évaluation, et on se réajuste en permanence avec la communauté qu’on veut toucher.

Isabelle: Quel a été un grand défi auquel vous avez fait face pendant le projet? Comment avez-vous surmonté ce défi?

Pierre-Antoine : C’est difficile de garder la motivation de l’équipe, spécialement en temps de COVID-19. C’est ironique, parce qu’un projet communautaire, d’habitude, ça motive les gens. Mais la vie fait que des fois, on a de la difficulté à motiver l’équipe. Dans un projet, il y a une grande importance de cultiver les liens avec les gens avec qui on travaille et de célébrer les gens qui font partie de l’équipe. Comme le FÊTER dans le VCPREF, vous pouvez fêter vos succès en continu pour continuer à bâtir ces liens entre vous. Tout le monde a des motivations personnelles différentes. Ça aide de prendre le temps de se parler et de faire le point sur ce qui nous motive à l’échelle individuelle et comment on peut faire pour rassembler tous nos besoins vers notre vision commune. Spécialement à distance, se dire MERCI et de prendre du temps pour prendre des nouvelles sur nos vies, ça peut vraiment faire la différence.

Sarah: Nous notre premier grand défi auquel on a fait face était de mobiliser les jeunes qu’on voulait toucher avec notre projet, car c’était les jeunes qu’on voulait mobiliser étaient des jeunes qui, justement, ne s’impliquent pas nécessairement. La deuxième, lié au premier, c’était d’apprendre à faire preuve d’empathie. J’explique: on veut que notre projet communautaire touche positivement la vie de certaines personnes, et on a une idée déjà faite de comment on pense qu’on devrait le faire. Mais pour avoir un réel impact, il faut prendre le temps d’écouter les gens qu’on veut toucher avec le projet. Ici, on fait preuve d’empathie en réalisant que les besoins qu’on pense qu’ils ont ne sont peut-être pas ceux qu’ils aimeraient avoir. Donc de prendre le temps d’écouter, c’est ce qui va nous permettre de vraiment créer un projet qui atteint l’impact positif qu’on veut.

Isabelle: Quelle est une leçon apprise concrète que vous voudriez partager avec des personnes qui commencent leur projet cette année?

Pierre-Antoine: Une de mes importantes leçons vient d’un projet connexe sur lequel j’ai travaillé, ou j’ai créé un film sur le développement durable. Ce projet, ça se fait particulièrement bien à distance et en temps de pandémie. Spécialement avec des médias comme TikTok qui permettent de s’impliquer et de passer un message juste avec un cellulaire. Mon conseil concret c’est : prenez le temps au début de définir le pourquoi de votre projet, et une fois que vous avez bien pris le temps pour votre planification, restez dans l’action. Quand tu restes dans l’action, tu évites de te retrouver dans une période sans motivation en mode de doute continu, spécialement en temps de COVID-19. Comme pour mon film, tu vas essayer, tu filmes, tu essaies un scénario. Juste pour agir. N’hésitez pas à essayer pour sentir au moins que le projet continue.

Aussi très important, regardez toujours s’il y a des collaborations potentielles avec des organisations, des groupes ou des individus externes à votre groupe principal. Ça aussi c’est une manière motivante de continuer le projet. Ça crée une relation sociale avec des gens extérieurs qui travaillent sur la même cause que vous, vous ça vous motive à montrer vos avancées à cet autre groupe. Et encore plus, vous pouvez amplifier l’impact de votre projet. Donc au lieu de faire tous les deux des trucs de votre côté, prenez le temps d’apprendre à vous connaître et de collaborer. N’hésitez vraiment pas! On pense que les autres sont occupés ou sont un trop gros groupe, mais souvent les gens sont intéressés et veulent collaborer.

Sarah: Concertez vous en équipe et déterminer c’est quoi les talents de chacun. Si quelqu’un est bon en communication, réseaux sociaux, on utilise ces talents et on ne perd pas de temps à assigner des rôles en cours de route. Je suis super d’accord avec Pierre-Antoine. N’ayez pas peur de demander de l’aide. Et n’oubliez pas de concerter avec votre communauté pour que votre projet ait un bon impact tout le long du processus.

Question du public: Comment avez-vous fait pour monter et contrôler le budget?

Sarah: Nous on avait un budget fixe. Donc aux premières rencontres, on a planifié ce qu’on aurait besoin, avec ce qu’on avait comme argent. On avait quelqu’un qui était extrêmement bon avec les budgets et la trésorerie dans le groupe qui a géré tout ça.

Ensuite, pour rester dans le budget, c’était vraiment un travail d’équipe pour regarder ensemble comment on pouvait trouver ce qu’on avait besoin à la meilleure qualité-prix. Un petit truc: quand vous dites que vous travaillez sur un projet communautaire, les personnes qui possèdent les lieux ou des professionnels qui pourraient venir animer des ateliers sont souvent très enclins à vous donner de bons prix. Donc, lancez-vous!

Pierre-Antoine: Mon conseil c’est : vendez le projet et l’impact qu’il va avoir. Que ça soit un contact potentiel qui pourrait vous aider avec un aspect technique du projet, ou une salle, ou peut-être même une compagnie qui pourrait vous parrainer financièrement, les gens veulent aider. Plus votre projet est authentique à la communauté que vous voulez viser, plus ils seront enclins à partager leurs ressources.

N’hésitez pas non plus si votre projet a besoin de plus d’argent, vous pouvez chercher d’autres subventions ou soutien financier. Vous pouvez regarder avec votre ville, avec TakingITGlobal, et d’autres organisations qui aident à financer des projets.

 

Isabelle: Quels sont vos derniers mots pour la gang du programme Les scouts s’impliquent! cette année?

Sarah: Allez-y. impliquez-vous. Changez le monde. Et n’oubliez pas de vous amuser en même temps. C’est encore plus le fun quand on s’amuse en le faisant. Bonne chance dans vos projets!

Pierre-Antoine: N’hésitez pas à avoir de l’ambition. Si vous voulez que votre projet soit gros, n’hésitez pas a avoir ce désire là. Pour réussir, définissez vos objectifs, vos ‘’milestones’’, et les étapes que ça vous prendra. Mais n’hésitez jamais à voir grand et à avancer vers là. C’est ça qui va faire qu’on va changer le monde ensemble. Cultivez cette créativité et ce désir d’un monde meilleur.

François: N’hésitez pas à partager votre projet aux gens autour de vous. Si les gens sont inspirés par ce que vous faites, ils pourraient vous proposer de l’aide et des ressources que vous ne pensiez même pas que vous pourriez avoir. Osez faire quelque chose qui vous tente et qui peut avoir un impact positif autour de vous. Ça va vous motiver pour aller jusqu’au bout.

Isabelle: Définissez votre pourquoi, et à chaque fois que vous n’êtes plus sûrs de ce que vous faites, revenez-y. Pourquoi pensez-vous que votre cause est importante et que ce que vous faites est important? Qu’est-ce qui vous motive? Et une fois que vous avez cette réponse-là, peu importe quel défi vous avez, référez-vous à la raison que vous vous êtes donnée au début, pour que vous ayez la motivation et le désir d’amener le projet jusqu’à la fin. 

Scouts du Canada - Logo du Programme Les Scouts s'impliquent dans leur communautéLancé au printemps 2019, le projet « Les scouts s’impliquent dans la communauté » est une initiative pour soutenir le service communautaire chez les jeunes du mouvement scout.
Ce programme s’adresse aux Pionniers, aventuriers et routiers, animatrices et animateurs de 18 à 30 ans de toute unité ! Appliquez à la cohorte 2020-2021 du programme « Les scouts s’impliquent! » pour une expérience qui pourrait changer vos vies !

En savoir plus sur le programme Les Scouts s’impliquent