Catherine Légaré

La Conférence de Paris sur les changements climatiques bat son plein. Pas moins de 150 dirigeants de pays y sont réunis. Suite à l’échec de Kyoto (entre autres), tout le monde a peur d’être déçu. Parmi ceux qui y participent, beaucoup ont peur de décevoir. Pour une fois, tout le monde est d’accord que les actions humaines sont la plus grande cause des bouleversements du climat. Les scientifiques n’ont plus besoin de crier autant. Les ouragans, sécheresses, canicules, inondations et autres catastrophes naturelles s’en chargent. Hé oui, ça commence à faire mal. Hé oui, on commence à sentir combien tout cela nous coûte déjà en productivité, en vies humaines, en bonheurs brisés. Les compagnies d’assurances ont fait quelques projections : tous ces évènements nous coûteront de plus en plus cher.

Certains sondages sortent. Voici ce que j’en retiens : les gens reconnaissent qu’il y a un problème, mais personne ne veut payer les pots cassés. « Attendons la reprise économique avant de mettre de l’argent là-dedans » entendons-nous. Il y a quelques années, un slogan disait : « Pas d’écologie sans économie ». À quoi les écologistes répondaient aussitôt : « Pas d’économie sans écologie! ». Beaucoup n’y ont vu qu’un simple jeu de mots. Moi j’ai trouvé ça sublime. J’imaginais un cultivateur gaspésien trop fier de bien faire tourner sa ferme pour s’occuper du recul de ses terres mangées par les marées. Le bateau coule, mais tout va très bien madame la marquise!

Bon, calmons-nous. Faisons confiance à nos dirigeants. Ce n’est pas le moment d’être cynique. Nous vivons un moment charnière de l’Histoire mondiale. Ce n’est que dans quelques années que nous le réaliserons pleinement. Alors, comment voulez-vous commencer la lettre que vous laisserez à vos petits-enfants? « Excusez-nous de vous avoir créé tant de problèmes… », ou bien « Nous l’avons échappé belle! Ça été difficile, mais comme vous devez être heureux maintenant! »

Je vous laisse avec cette parole de David Suzuki, qui occupe la page couverture du magazine Québec Science de décembre 2015: « Ceux qui font fi de la science devraient être jugés pour « crimes intergénérationnels ». D’ailleurs à quoi sert la science, si ce n’est à assurer la pérennité de l’humanité? »

Chez les Scouts, les corvées ne nous font pas peur. C’est le temps de le prouver. Le cycle du carbone est d’un siècle dans l’atmosphère et d’un millénaire dans l’océan. Nous ne manquerons pas d’ouvrage. Ah et puis tant qu’à faire, pour nous donner du courage, écoutons ceci : https://www.youtube.com/watch?v=rdLUV0hhYZY